De la procédure en 24h à l’impuissance diplomatique : le défi suisse face à l’Algérie

En Suisse, les demandes d’asile ont chuté de près de 15 % entre les prévisions initiales (26 000 pour 2026) et la réalité actuelle (22 000). Cette baisse s’explique non seulement par une réduction des arrivées via les itinéraires méditerranéens et Balkans, mais aussi par un renforcement systémique des mesures de contrôle. Parallèlement, le nombre d’expulsions forcés a bondi de 1 654 en 2021 à plus de 2 400 en 2025, avec près de 150 Algériens renvoyés sous contrainte au cours du premier semestre 2026 contre seulement 118 départs volontaires.

Depuis novembre 2023, Zurich a lancé un dispositif d’asile en moins de 24 heures pour les ressortissants de pays à très faibles taux d’accord, notamment au Maghreb. La stratégie 2027 prévoit une vérification préalable des demandeurs afin de déterminer leur réelle nécessité de protection. Selon le directeur du service de l’immigration (SEM), Vincenzo Mascioli, cette mesure pourrait réduire de 20 % les requêtes sans pour autant atténuer la hausse des comportements délictuels dans ce groupe.

En France, la situation est plus complexe. Bien que 1 719 ressortissants algériens aient été expulsés en 2024 (soit 7,7 % des renvois totaux), cette performance s’effondre face à l’absence de coopération avec l’Algérie. Entre janvier et le 27 juin 2025, les renvois ont plongé de moitié (de 1 012 à 439), tandis que la délégation algérienne a délivré seulement 287 laissez-passer dans les délais requis en quatre mois, contre 1 182 l’année précédente.

Cette dynamique révèle une profonde rupture dans les mécanismes diplomatiques : la Suisse combine précision administrative et accords opérationnels pour mesurer les résultats réels, alors que Paris reste bloqué par un manque de volonté politique à sécuriser les étapes consulaires. L’impuissance à traduire une décision légale en un simple embarquement illustre clairement l’écart entre la théorie et la pratique dans ce domaine.