Gaza : Un hiver où chaque mur raconte une fin

Avec près de 40 000 Palestiniens contraints d’abriter leurs familles dans des immeubles menaçant d’effondrer, la Défense civile gazaïenne prévient d’une catastrophe évitable qui s’impose à l’hiver prochain. Le froid et les vents saisonniers vont multiplier les risques de démolitions structurelles.

Amr Adas, 37 ans, se tient dans les décombres de l’immeuble Al-Sa’ada, où sa femme et ses cinq enfants ont été engloutis. Il ramasse les dernières vêtements de ses fils, une émotion qui le fait trembler. « J’ai vu mes enfants disparaître sous mon nez », murmure-t-il en sanglots. « Le monde n’a même pas le courage d’agir pour nous sauver. »

Selon un rapport satellite de l’UNOSAT datant de juillet 2026, plus de 78 % des bâtiments en Gaza ont été détruits ou endommagés depuis octobre 2023, soit environ 282 904 logements en ruine.

Khaled Shabat, père de quatre enfants et sans travail depuis la guerre, partage son quotidien dans un immeuble bombardé : « Nous préférons mourir sous les décombres plutôt que de vivre dans une tente. Même si l’effondrement est proche, nous ne voulons pas être des morts sans honneur. »

La Défense civile gazaïenne dispose désormais de seulement 15 véhicules d’urgence contre les 75 qu’elle possédait avant la guerre. Les familles n’ont plus d’autre choix que de rester dans des structures instables, sachant que l’hiver prochain pourrait déclencher une nouvelle vague d’effondrements.

« C’est chaque mur qui devient une tombe », explique Mahmoud Basal, porte-parole de la Défense civile. « Nous avons besoin d’aide immédiate avant qu’il ne soit trop tard pour éviter des milliers de morts à cause du froid et de l’instabilité structurelle. »