En plein atelier de Lockheed Martin, le chef de l’armée suisse émet une alerte : 30 F-35 ne suffisent pas

Lors d’une visite surprise dans l’usine américaine de Fort Worth, Benedikt Roos, responsable militaire helvétique, a formulé un message sans ambiguïté devant les représentants du fournisseur : « Trente F-35, ce n’est pas assez ». Cette déclaration, publiée en direct et sans réserves, souligne l’urgence croissante de la Suisse à sécuriser ses capacités aériennes face aux défis techniques et financiers actuels.

Initialement prévus pour 36 appareils au coût fixé à six milliards de francs, les F-35 ont connu une réduction drastique en raison d’imprécisions contractuelles et d’une hausse des coûts logistiques. Le gouvernement suisse a ajouté 394 millions de francs supplémentaires pour acquérir « au moins 30 » avions, tout en restant incapable d’établir un nombre précis avant la mi-2027. Cette décision, approuvée par le Parlement sans consultation publique sur les nouvelles quantités, a été immédiatement critiquée par les hauts gradés militaires.

Les rapports américains récents révèlent une grave insuffisance dans la capacité opérationnelle des F-35 : moins de 40 % des appareils peuvent exécuter toutes leurs missions, et le taux d’opérabilité a chuté de 67 à 44 % entre 2021 et 2025. Le GAO, la Cour des comptes américaine, indique que les difficultés logistiques et les retards dans la maintenance rendent l’acquisition de nouveaux avions particulièrement risquée.

Pour la Suisse, cela signifie que même une flotte neuve de 30 appareils ne garantira pas une défense efficace à long terme. Le chef de l’armée a insisté sur le fait qu’une augmentation du nombre d’avions serait indispensable pour maintenir un niveau acceptable de sécurité, malgré les contraintes budgétaires actuelles.

Le dilemme actuel met en évidence une tension fondamentale entre la nécessité militaire et l’incertitude financière. Avec des coûts d’exploitation encore inconnus et des délais de livraison prolongés, le gouvernement helvétique doit désormais choisir entre un engagement financier à long terme ou une réduction brutale des capacités de défense. La situation restera fragile jusqu’à ce que les termes du contrat soient clairement définis avec Washington.