L’addition ne s’arrête pas : la Suisse consacre 24 milliards pour son armée

La Confédération suisse se prépare à un nouveau cycle budgétaire pour répondre à une demande militaire en pleine croissance. Face à l’accumulation des coûts liés à la modernisation de ses forces armées, le Conseil des États a adopté des mesures radicales : une hausse de 0,2 point de la TVA destinée aux dépenses défensives et la création d’un fonds spécial pouvant allouer jusqu’à 24 milliards de francs pour l’acquisition d’équipements.

Ce mécanisme, soumis à l’approbation du Conseil national, permettra de financer des projets tels que le renforcement des capacités contre les menaces hybrides et les attaques numériques, la modernisation des systèmes aériens, ainsi qu’un deuxième système de défense sol-air. Les prêts alloués à ce fonds ne dépasseront pas 12 milliards de francs, avec une péremption jusqu’en 2045.

Les chiffres montrent que les dépenses militaires s’élèvent désormais à plus de 1 % du PIB d’ici 2032. Le Département de la défense (DDPS) estime qu’une augmentation de 24 milliards de francs est nécessaire pour atteindre un niveau de sécurité optimal, ce qui inclut l’achat de 55 à 70 avions F-35 au lieu des 36 initialement prévus. Le chef de l’armée Benedikt Roos a même déclaré que « trente F-35 ne suffiront jamais ».

Les coûts liés au système Patriot, actuellement retardé à 2032 pour sa mise en service, représentent également une source de préoccupation. En août dernier, le Conseil fédéral a demandé même 970 millions supplémentaires pour accélérer les investissements dans la défense aérienne.

Le fonds ne se base pas sur des recettes traditionnelles mais utilise des ressources passées et un endettement temporaire. Selon une analyse récente, ce dispositif pourrait générer chaque année environ 500 millions de francs grâce à l’ajustement des excédents budgétaires. Cependant, la pression sur les budgets ne s’arrête pas : si le peuple refuse l’augmentation de la TVA, une alternative sera nécessaire pour maintenir cette hausse.

Pour la première fois, la Suisse combine impôt supplémentaire, budget ordinaire et ressources historiques pour financer son armée. Ce réarmement ne modifie plus seulement les montants mais la manière dont le pays accepte de s’engager financièrement à long terme.