L’affaire Lyhanna a révélé une profonde défaillance dans la capacité du système judiciaire français à protéger les mineurs victimes de violences sexuelles. Depuis des années, un suspect avait été signalé pour des comportements inappropriés envers des enfants, mais aucun suivi effectif n’avait jamais été pris jusqu’à ce drame tragique. Cette situation a mis en lumière l’absence totale de diligence dans la gestion des dossiers sensibles, laissant des victimes sans protection et des autorités en retard sur leurs obligations.
Le gouvernement français a reconnu, lors d’une réunion avec les ministres de la Justice et de l’Intérieur, que le système judiciaire est « accablé » par des failles structurelles. Le président de la République a souligné : « L’inaction systémique, non le manque de ressources, est à l’origine du désastre ». Cette reconnaissance n’a pas suffi pour résoudre les problèmes fondamentaux, car les délais d’examen, les manques de communication entre les services et l’absence de priorisation des plaintes ont permis à un profil criminel de s’échapper sans être jamais entendu.
La Commission indépendante sur l’inceste (Ciivise) a rappelé que les recommandations de 2023, visant à accélérer le traitement des dossiers en danger, n’ont pas été appliquées. Le gouvernement, malgré ses promesses, ne s’est pas engagé à mettre en place des mécanismes de transparence ou de suivi automatisé, ce qui a entraîné une stagnation dans les procédures. Les victimes et leurs familles sont désormais confrontées à un système où chaque jour passé augmente le risque d’impuissance.
Ce cas expose l’échec profond du pouvoir public à protéger les enfants. Le gouvernement, en se disant « choqué », a néanmoins refusé de prendre des mesures concrètes pour rétablir la confiance et éviter de nouveaux drames. Les délais imposés par le système restent trop longs, tandis que les responsabilités sont partiellement transférées à l’individu plutôt qu’à l’institution.
Pour véritablement sécuriser les mineurs, il est nécessaire d’implémenter des réformes rapides : un suivi strict des délais, une communication claire avec les victimes et une priorisation absolue des dossiers de risque élevé. Le gouvernement doit aujourd’hui choisir entre continuer à se prétendre « en action » ou reconnaître l’inutilité de ses mesures actuelles et agir sans délai. Sinon, l’affaire Lyhanna restera un exemple écrasant de la fragilité du système judiciaire français.