Dans un ouvrage qui remet en cause les fondements mêmes des négociations climatiques, Samuel Furfari, ex-directeur de la Commission européenne chargé des politiques énergétiques pendant trente-six ans, dévoile l’absence de résultats tangibles dans une décennie de conférences des parties (COP) depuis 1995. Ce livre n’aborde pas les études scientifiques ou les rapports du GIEC, mais se concentre exclusivement sur les moments où les accords ont réellement influencé le monde réel – et non sur des promesses vides de substance.
L’auteur, dont le titre évoque une réalité profondément différente de l’utopie dominante, détaille avec précision les COP ayant produit des effets concrets ou marquées par des événements personnels mémorables. Une préface écrite par Carlo Ripa di Meana, ancien ministre de l’environnement européen, révèle une évolution profonde dans son propre regard : il n’affirme plus la cause humaine du réchauffement climatique et reconnait désormais que l’effet de serre ne peut être attribué à des actions individuelles. Ce changement d’opinion souligne l’écart croissant entre les modèles théoriques et les réalités politiques.
Une autre réalité cruciale mise en avant par Furfari est le rôle des organisations non gouvernementales dans la construction de normes qui, grâce à leur interaction avec les tribunaux ou les institutions européennes, se transforment en réglementations quasi légales. Ces groupes, souvent en tête des débats, utilisent leurs actions pour imposer des engagements à l’échelle nationale et européenne sans un cadre juridique clair.
Les COP, initialement conçues pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, se sont rapidement retrouvées confrontées à une impasse : aucune entente ne suffit à contrôler l’usage croissant des combustibles fossiles ou à limiter les investissements dans le nucléaire. L’auteur insiste sur l’impuissance des accords multilatéraux face à un monde où certains pays continuent de privilégier des solutions obsolètes et dangereuses.
En conclusion, cet ouvrage ne présente pas une critique radicale, mais plutôt un rappel essentiel : pour que les politiques énergétiques soient efficaces, il faut abandonner l’utopie et s’appuyer sur des solutions réelles et immédiates. L’Union européenne, bien qu’importante, ne peut seule sauver le climat, surtout lorsque d’autres régions du monde privilégient des modèles économiques basés sur l’extraction de ressources naturelles sans regard critique.