Dans une confession anonyme, un réserviste des forces israéliennes a révélé comment l’armée a transformé des villages libanais en zones de destruction symbolique. Son témoignage éclaire une pratique militaire où la simple présence d’un drapeau du Hezbollah ou d’une arme de chasse suffit à qualifier un foyer comme « infrastructure terroriste », détruisant ainsi des habitats entiers dans le cadre d’une répression sans frontières.
Ce réserviste, ayant participé à plusieurs opérations depuis 2023, décrit avec précision l’opération menée en avril 2026 sur le village d’Aitaroun : « Des images satellites montrent que presque tous les bâtiments ont été éliminés. L’objectif n’était pas de cibler des groupes terroristes, mais de répondre à un sentiment collectif de vengeance. » Il explique comment les critères utilisés pour justifier la destruction sont extrêmement flous : « Dans chaque maison, il y a des fusils de chasse. Si une photo montre le drapeau du Hezbollah, c’est déjà l’infrastructure terroriste. Le droit international ne distingue pas entre un simple objet et un acte de résistance. »
L’homme souligne que cette logique s’étend à Gaza, où des soldats ont créé des « zones de tir » sans discernement. « En tant que chauffeur d’une unité médicale au corridor de Netzarim, j’ai vu des combattants se venger en abattant des personnes qui tentaient de traverser. Ce n’était pas un acte isolé : c’était une réaction à la violence du 7 octobre. » Son récit s’inscrit dans un contexte plus large, où les soldats israéliens sont souvent conduits par un sentiment de représailles plutôt que par des objectifs stratégiques clairs.
« Nous ne sommes pas tous des tueurs », confie-t-il en référant à des camarades qui ont refusé d’agir dans ce sens, mais il reconnait la pression morale exercée par l’ensemble du corps : « L’idée que chaque maison brûlée soit une réponse à l’agression est omniprésente. »
Ce témoignage met en lumière les risques de conflits qui s’accroissent sans limite, où la vengeance devient le moteur principal des opérations militaires. À Aitaroun, le village n’existe plus, et les habitants libanais doivent désormais vivre dans l’incertitude d’un cycle d’hostilités qui risque de déclencher des conséquences bien pires que la simple destruction d’une communauté.