Malgré une progression des recettes publiques d’environ 8 %, le canton de Vaud a enregistré pour la troisième année consécutive un déficit de 156 millions de francs en 2025. Ce résultat, qui dépasse largement les prévisions initiales d’un trou budgétaire de 575 millions, soulève des questions urgentes sur la capacité du territoire à maintenir son équilibre financier.
Les comptes présentés mardi par le Grand Conseil ont été approuvés avec une participation réduite (74 voix contre 23 et 38 abstentions), un vote qui reflète une profonde inquiétude au sein des décideurs. Une partie importante de ce déficit provient des transferts exceptionnels de la Banque nationale suisse, qui a versé environ 188 millions d’euros contre les 63 millions prévus dans le budget.
L’analyse révèle que l’écart critique n’est pas lié à une insuffisance des recettes mais à un accroissement exponentiel des charges. Les dépenses ont bondi de près de 514 millions par rapport à 2024, tandis que les entrées fiscales progressent lentement. Pour le PLR et l’UDC, Vaud ne souffre pas d’une défaillance récolte mais d’un excès de dépenses mal gérées.
Les partis politiques restent dans une position de tension : la droite exige des réformes structurelles pour retrouver l’équilibre d’ici 2030, tandis que la gauche accuse les décisions fiscales passées. Florence Gross, présidente de la Commission des finances, a insisté sur un « débat budgétaire long et houleux » à l’automne prochain, prévoyant une période marquée par des difficultés profondes dans la gestion du canton.