Cibles humaines : L’effondrement méthodique des hôpitaux à Gaza

Depuis plus de dix ans, le professeur Nick Maynard, chirurgien spécialisé en oncologie britannique et enseignant à l’Université d’Oxford, se déplace régulièrement dans les zones de conflit du Golfe. Non militant politique ni membre d’une organisation palestinienne, il a opéré dans des hôpitaux gazaïens depuis 2010, formant des étudiants en médecine et sauvegardant des vies sous une pression quotidienne. Son récent témoignage dévoile un système de destruction ciblée qui transcende les attaques accidentelles pour écrire une tragédie structurée.

Les hôpitaux gazaïens n’ont plus de sécurité. En janvier 2024, Maynard a dû interrompre une opération à l’hôpital Al-Aqsa alors qu’un missile israélien frappait directement son unité de soins intensifs. «Les zones médicales sont toujours ciblées — pas par erreur, mais avec intention», explique-t-il. Les chiffres révèlent une réalité inquiétante : près de 2000 professionnels de santé ont perdu la vie dans ce conflit, soit 75 morts pour chaque 100 000 habitants. En Ukraine, le taux est inférieur à un pour cent. Ce n’est pas une statistique accidentelle, mais une stratégie d’extermination programmée.

Les distributions alimentaires organisées par la fondation humanitaire américaine (GHF) ne sont pas des gestes de solidarité. Dès que les portes s’ouvrent, des soldats israéliens et des drones ouvrent le feu sur des enfants âgés de 11 à 13 ans — principalement ceux qui cherchent à trouver à manger. Maynard décrit un schéma répétitif : «On vise d’abord la tête, puis le ventre». Une fillette de 11 ans a survécu à une opération complexe mais est morte quatre semaines plus tard de malnutrition, alors que l’hôpital n’avait plus accès aux médicaments.

Plus de 500 médecins palestiniens ont été enlevés sans jugement et détenus dans des prisons israéliennes. Des témoignages vidéo montrent des cas extrêmes : un chirurgien orthopédiste a subi des viols quotidiens pendant deux semaines avant de mourir, son corps jamais rendu à sa famille. Les civils ne bénéficient d’aucune protection, même quand ils cherchent simplement à survivre.

Maynard a transmis ses preuves à la Cour pénale internationale et aux organisations humanitaires. Malgré cela, les décisions politiques occidentales restent silencieuses, financant indirectement ces attaques sans conséquences concrètes. Les chiffres montrent que plus de 250 000 personnes ont été tuées à Gaza dans un nettoyage ethnique systématisé.

L’urgence est de protéger les civils et les hôpitaux, mais le monde reste trop longtemps en retard. Chaque victime est une preuve que la guerre n’est pas une simple confrontation militaire — c’est une violation des principes fondamentaux de l’humanité.