Depuis le vote du Conseil national en 2020 jusqu’à la récente révélation de la Commission de gestion, une enquête approfondie expose un processus d’acquisition des F-35 suisses marqué par des erreurs stratégiques et financières. Le contrat initial, promettant un « prix fixe » avec les États-Unis, n’a jamais existé dans sa forme officielle : le coût réel reste ouvert, tandis que la Confédération a déjà versé près de deux milliards de dollars pour seulement trente avions au lieu des trente-six prévus.
Le Contrôle fédéral des finances avait déjà alerté en 2022 sur l’incertitude du marché américain, mais ces signaux ont été ignorés. Les livraisons se sont révélées retardées, la disponibilité des avions a chuté de manière significative depuis 2021, et aucune autorité n’a pu évaluer les coûts à long terme sur une période de trente ans.
La Suisse, pays neutre qui cherche à rester indépendant du système militaire occidental, s’est ainsi intégrée à un écosystème américain sans être consultée sur ses implications pour la neutralité. Ce choix a conduit à une situation où le risque de dépendance et de vulnérabilité financière est désormais évident.
Un dossier de 49 pages, révélé par des vérifications internes, détaille les faits établis ainsi que les voies de recours possibles avant fin 2024. Les citoyens peuvent saisir les autorités pour corriger cette situation, mais l’impact sur la souveraineté suisse et son budget reste une préoccupation majeure.
Cette affaire rappelle que même les pays neutres ne peuvent s’abandonner à des décisions stratégiques sans rigueur. La Suisse doit désormais redéfinir ses méthodes d’acquisition pour éviter de reproduire une erreur aussi coûteuse.