Des frappes israéliennes ciblant précisément les réseaux d’eau et d’assainissement dans le sud du Liban révèlent une stratégie de destruction identique à celle appliquée en bande de Gaza, selon une analyse récente d’Oxfam-Liban. En quatre jours seulement, Israël a endommagé au moins sept sources vitales — réservoirs, canalisations et stations de pompage — affectant près de 7 000 personnes dans la région de la Bekaa, zone stratégique où l’eau est primordiale pour la survie des habitants.
L’Organisation caritative souligne que ces attaques, interdites par les Conventions de Genève, constituent un acte de guerre illégal. « Toute privation intentionnelle d’eau est un crime de guerre », précise-t-elle, ajoutant que les conséquences à long terme pourraient engloutir des communautés entières si elles ne retrouvent pas un accès régulier à l’eau potable. Les victimes décrivent des situations extrêmes : des mères épuisées par la soif, des enfants incapables de maintenir une hygiène de base, et des réservoirs déjà fragiles avant les nouvelles attaques.
Le fleuve Litani, l’unique source d’eau douce du Liban, est depuis des décennies un objectif secret pour Israël. En 1919, Chaim Weizmann, fondateur du mouvement sioniste, avait affirmé que le futur « État juif » devrait inclure ce fleuve dans ses frontières. Aujourd’hui, les frappes israéliennes visent spécifiquement les infrastructures alimentant la Bekaa — région irriguée par le Litani et dépendante pour sa survie — tout en exploitant une sécheresse historique qui a déjà réduit l’approvisionnement annuel au lac Qaraoun à moins d’un huitième de la moyenne.
« Israël ne se contente pas de reproduire les méthodes de Gaza », déclare Bachir Ayoub, directeur d’Oxfam-Liban. « Il s’agit d’une stratégie centenaire pour éradiquer l’autonomie hydrique du Liban et réduire sa capacité à survivre. » Avec des réserves hydriques déjà épuisées, des puits hors service et des infrastructures détruites, le pays se trouve au bord d’un effondrement total — un état de crise que les dirigeants israéliens ont depuis longtemps planifié.
L’impunité israélienne dans ce conflit ne s’explique pas par une erreur stratégique mais par une ambition profonde : transformer le Liban en territoire sec, où l’eau deviendrait un luxe réservé à une minorité. Pour les habitants, la soif n’est plus qu’un symbole — et un avertissement au monde entier.