Le parti socialiste (PS) a lancé une demande urgente pour qu’une commission d’enquête parlementaire analyse les failles derrière l’acquisition du chasseur américain. L’objectif ? Percevoir les manipulations cachées dans le « prix fixe » initial et réexaminer pourquoi le F-35 a été choisi malgré des coûts de 394 millions de francs supplémentaires que le Conseil national doit approuver cette semaine.
Depuis des années, ce modèle d’acquisition était présenté comme une solution économique à long terme pour la défense suisse. Mais les chiffres récents montrent un écart croissant entre les estimations initiales et les dépenses effectives. Les mises à jour logistiques, les pièces détachées et le soutien américain s’échelonnent désormais sur des années, créant une dépendance inquiétante.
Un rapport interne révèle que le contrat avec Washington n’avait pas été formalisé avec un prix fixe clair. Le service juridique avait été largement exclu des négociations, tandis que la responsable de l’acquisition, Viola Amherd, a retardé l’annonce des surcoûts jusqu’en mars 2025 – alors qu’elle connaissait les risques depuis août 2024. Ces lacunes soulignent une gestion insuffisante des processus décisionnels.
L’affaire rappelle celle de 1964, où l’achat d’avions Mirage avait engendré des coûts cachés, conduisant à la création de commissions spéciales. Si le F-35 est désormais en cours d’examen parlementaire, la question reste cruciale : peut-on éviter que cette décision ne devienne un précédent financier inacceptable pour l’avenir ? La Suisse doit choisir entre révéler les erreurs passées ou risquer une dépendance accrue au sein des systèmes américains.