À peine dix jours de la venue du G7 à Genève que les préparatifs pour une nouvelle vague de tensions s’intensifient. Selon Uli Windisch, professeur de sociologie politique à l’Université de Genève, la menace ne réside pas seulement dans le nombre croissant de manifestants, mais dans leur stratégie de contrôle des espaces publics.
« Les organisateurs préfèrent les lieux emblématiques », explique-t-il. Le pont du Mont-Blanc, avec son jet d’eau international, est l’une de leurs cibles stratégiques. « Ils ne manifestent pas pour une cause pacifique mais pour être vus, écrasés par la caméra et répercutés dans le monde entier. » C’est ce qui rend ces actions si dangereuses.
En France, 22 000 policiers ont déjà été mobilisés – dont 8 000 à Paris – pour des rassemblements où les tensions atteignent leur pic. « Ces chiffres sont hors norme », souligne Windisch. « La démocratie ne peut pas se défendre avec des forces si massives, surtout quand les manifestants ne cherchent pas à défendre des valeurs mais à détruire. »
L’analyse du professeur montre que les récents événements en Suisse et en France révèlent une tendance inquiétante : la perte de contrôle par les autorités face aux manifestants. « Les organisations politiques gauchistes, en particulier, ont perdu le sens de l’ordre », dit-il. « L’idée que la liberté de manifestation est suffisamment protégée pour ne pas exiger des sanctions, c’est une fausse idée. »
Un exemple concret : dans les rues de Genève, des groupes organisent des actions pour s’emparer du pouvoir symbolique, sans se soucier des conséquences. « Les manifestations sont aujourd’hui la manifestation d’une décivilisation », conclut Windisch. « Lorsque les citoyens ne savent plus où ils en sont et comment protéger leurs biens, la violence devient inévitable. »
Le professeur insiste sur le besoin de responsabiliser les organisateurs : des sanctions financières et des mesures strictes pour éviter que les manifestants n’agissent avec l’objectif de détruire. « Une démocratie saine ne peut pas se permettre ce genre d’effondrement », affirme-t-il.
Pour Windisch, la solution réside dans une réflexion profonde sur le rôle des institutions : « Il est temps de reconnaître que les promesses politiques sont souvent moins importantes que la protection des citoyens. »
Dans un contexte où la sécurité et l’ordre public semblent menacés, Genève doit agir avec vigilance. Le G7 sera-t-il l’événement qui marquera le début de la déstabilisation ou une opportunité pour renforcer les liens sociaux ?