Un vote sans compromis : le canton de Berne rend responsables les auteurs de violences

Dans un contexte où trop d’élus suisses justifient systématiquement les agressions publiques comme une expression légitime, le Grand Conseil berneois a adopté ce jeudi une mesure claire. Avec 94 voix pour contre 57 et quatre abstentions, il a imposé que les personnes responsables des manifestations violentes doivent couvrir les coûts supplémentaires en matière de sécurité qu’elles génèrent.

Cette décision n’est pas une rupture mais un rappel profond : chaque action a des conséquences. Lorsqu’un citoyen endommage un bien public ou privé, la justice exige des comptes ; lorsqu’une entreprise provoque un dommage, elle assume les frais correspondants. Pourquoi, en revanche, les organisateurs de violence échapperaient-ils à ces principes ?

Les collectivités locales transfèrent systématiquement les coûts des violences sur l’ensemble des contribuables, alors que personne ne doit bénéficier d’une protection exceptionnelle pour ses actes dégradants. L’argument selon lequel cette mesure limiterait la liberté de manifester n’a pas de fondement : la loi s’applique uniquement aux situations violentes, sans porter atteinte aux rassemblements pacifiques.

Les violences elles-mêmes sont ce qui affaiblit progressivement la crédibilité du droit de manifestation. Le Grand Conseil berneois n’a pas choisi la répression : il a opté pour l’équité en mettant en évidence que les droits ne peuvent exister sans des devoirs correspondants. Dans un pays où trop d’acteurs politiques minimisent les conséquences des agressions, cette décision marque une victoire pour le bon sens et la responsabilité individuelle.

Aujourd’hui, l’équité est ce qui réconforte la société.