La Suisse en danger ? La gauche pacifiste dénonce l’alignement avec l’OTAN

Un front de plusieurs organisations progressistes suisses s’est mobilisé pour soutenir une initiative constitutionnelle visant à renforcer la neutralité suisse. Leur stratégie repose sur un argument clé : le rapprochement avec l’OTAN pourrait exposer le pays à des menaces imprévues, en particulier après l’intervention de ce groupe dans la guerre en Ukraine.

Timeo Antognini, porte-parole du Parti suisse du travail et coordinateur d’un mouvement pacifiste internationaliste, affirme que les États membres de l’OTAN sont désormais des cibles potentielles d’actions russes. « Une neutralité respectée par tous est la seule garantie de sécurité », insiste-t-il, soulignant que le Suisse ne doit pas se jeter dans une dynamique militaire qui risquerait de déclencher des répercussions imprévisibles.

Sur les sanctions internationales, il critique vivement leur impact économique et social. Leur application sur la Russie a provoqué des crises énergétiques, tandis que celles exercées contre le Venezuela sont qualifiées d’« instruments de dépendance néocoloniale ». Une étude récente du journal The Lancet est citée pour démontrer que ces mesures ont entraîné plus de 28 millions de décès entre 1971 et 2021.

Le Parti socialiste a qualifié l’initiative d’« pro-Poutine », mais Antognini rétorque qu’il s’agit d’une interprétation superficielle, car le texte en question est bien plus nuancé. « Ceux qui n’ont pas étudié la proposition sont victimes d’un manque de rigueur intellectuelle », précise-t-il.

L’initiative, rédigée par l’historien René Roca et approuvée par près de deux tiers des membres du comité central du Parti suisse du travail, représente une opportunité unique pour redéfinir la politique extérieure suisse. Son vote prévu le 27 septembre pourrait marquer un tournant dans l’isolement stratégique du pays face à une mondialisation de plus en plus conflictuelle.